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Que signifie "gravé de la petite vérole", sur un dossier militaire, en 1883 ?

vendredi 23 octobre 2026, par Sylvette Uzan Chomat

Ce n’est pas une question fondamentale, de celles sur lesquelles bloque tout accès à l’identification des ascendants, mais je suppose qu’elle peut intéresser de nombreux généalogistes en ce qu’elle pointe une étape historique des conceptions de la santé publique, je me permets donc de vous soumettre la question qui suit.

Sur le registre matricule militaire, la description physique de mon arrière-grand-père, Joseph CHOMAT, (AD38, Classe 1883, matricule n°325, Centre de recrutement de Vienne) mentionne une caractéristique : "gravé de la petite vérole".

Joseph Chomat

Voici la fiche de Joseph Chomat sur Geneanet...

Cela signifie-t-il qu’il portait, sur le visage, des traces d’une atteinte de la variole à laquelle il aurait survécu, (les photos de lui dont je dispose n’en laissent rien paraître, mais elles pourraient avoir été retouchées) ou le terme "gravé" signifie-t-il qu’il aurait été vacciné de cette maladie ?

J’ai vu que l’armée française n’avait rendu obligatoire cette vaccination qu’en 1888, mais peut-être y avait-il eu des précédents ? Ce vaccin laissant une cicatrice durable, aurait-il pu être assimilée à une “gravure” ?

Pour mettre en page cette demande, ci-joint deux extraits de la fiche matricule de Joseph Chomat (il est nommé Chaumas !) et un extrait du Bulletin du Service de Santé des Armées de février 1883.

1883 Fiche matricule Joseph Chaumas (identité).
1883 Fiche matricule Joseph Chaumat (description physique).
1883 vaccination des soldats contre la variole (Bulletin de Santé militaire 1er février).

Je vous remercie par avance de l’attention que vous voudrez bien lui apporter.

Messages

  • Bonjour
    La petite vérole ou variole est une maladie infectieuse d’origine virale, très contagieuse et autrefois mortelle, causée par le poxvirus (Variola virus) avec une mortlité d’environ 30% Elle se caractérise outre une fièvre et des douleurs musculaires par l’ apparition rapide de vésicules puis de pustules remplies de liquide qui couvrent tout le corps et le visage, laissant souvent des cicatrices profondes (ou « varioleux » d’ou l’expression "gravé de la petite vérole " car très visible sur le visage

  • Bonjour,

    Il faut revenir à la genèse du signalement ;
    Louis XV prescrit par ordonnance royale du 2 juillet 1716 la tenue de registre militaire dans les armées,
    afin de recenser précisément les militaires, pour le suivi des soldes et dans le but de lutter contre les désertions.
    Le signalement est là afin de pouvoir identifier visuellement les fuyards, et les éléments décrits s’attachaient donc à l’aspect extérieur.
    On y retrouvait pas les cicatrices, tatouages, etc, cachés par les vêtements.

    Par exemple, ici un registre du Régiment de cavalerie du Dauphin signé en 1779, où sur la (vue 4/83),
    6 cavaliers sur les 14 enregistrés, sont dit « marqué de la petite verolle ».
    https://www.geneanet.org/registres/view/793520/4.

    On peut en étudiant un registre entier, se faire une image de la proportion des individus qui portent les séquelles de cette maladie.

    Ensuite il faut revenir dans le contexte de votre arrière-grand-père.
    Dans les registre matricules de la Classe 1883 du Bureau de recrutement de Vienne,
    on retrouve par exemple, sur les matricules 1 à 599 seulement :

    • « marqué de la vérole, ou de la petite vérole » les matricule n°177 et n°276
    • « gravé de la petite vérole » les matricule n°325 (votre AGP) et n°529

    On remarque tout de suite que cet élément se rencontre beaucoup plus rarement,
    mais on note également que deux adjectifs sont utilisés.
    Bien que le vocabulaire soit plus ou moins standardisé, on ne sait pas si le rédacteur est le même,
    et donc si le « gravé » vis-à-vis du « marqué », indique des cicatrices plus ou moins profondes,
    ou une simple appréciation personnelle.

    La définition de la plaque argentique me semble ici, pas assez précise, pour se rendre compte.

    Bref, comme indiqué précédemment par les intervenants, la mention indique-t-elle :

    => la marque du vaccin => Non
    => la présence de cicatrices de la petite vérole visibles à l’oeil nu lors de l’enregistrement => Oui

    Cordialement.

  • Bonsoir, j’ai posé la même question à l’IA la semaine dernière (par contre j’ai rencontré seulement la mention « gravé » sur les fiches matricules de mes ancêtres concernés) et oui, ce seraient bien là les marques de la petite vérole appelée aussi variole. C’était apparemment assez courant autrefois et même les personnalités en étaient atteintes. Je pensais qu’il pouvait aussi s’agir de « tatoué » mais non… 🙂

  • Bonjour
    Il avait eu la variole qui laissait des cicatrices très reconnaissables sur le visage lorsque l’on avait survécu à la maladie. La variole a été éradiquée par la vaccination
    Cordialement
    Christine Luxemburger

  • Bonjour

    Le vaccin de la variole laisse une marque et il était donc administré sur une région du corps habituellement recouverte par les vêtements. Il me semble que cette marque ne pouvait pas constituer un signe particulier visible au premier coup d’œil

    Cordialement

  • Bonjour,

    Sur le site Wikimanche, il y a une page https://www.wikimanche.fr/Grav%C3%A... avec plusieurs exemples locaux de cette expression.

    — 
    Jean-Philippe

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