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Que sont devenues les pièces de la soif ?


jeudi 11 octobre 2018, par Christian Baumgarth

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Le temps qui fuit et qui estompe tout sur son passage ne sera jamais parvenu à effacer la tache indélébile qu’aura laissée dans cette vieille mémoire réfractaire au lait de chaux un événement minuscule et fracassant.

Le printemps 1952 était un vrai printemps à l’ancienne. Sur les trottoirs [1], au pied des murs, au droit des caniveaux, les serfouettes des cantonniers traquaient au ras des racines les pissenlits en jaune et les touffes de plantain. C’était le printemps et ça mettait en énergie allègre les gambettes des écoliers et les élytres bruns des hannetons qui vrombissaient sous les marronniers en fleurs.

Lesté par sa pesante besace d’écolier, les poches de son short gonflées par la présence insolite de deux petites boîtes en fer blanc, un petit garçon myope, mais guilleret, après avoir franchi à rebours la lourde porte de sa chère école Victor Hugo, s’en retournait vers le logis familial. Le jeune garçon parcourait quatre fois par jour une enfilade de quatre rues familières : rue des écoles, rue Paul-François Avet, rue de Saint-Maur et avenue Sainte Marie. Ainsi allait sa vie de môme sur le chemin d’allégresse : heureux d’aller à l’école et heureux d’en revenir pour aller se fondre dans l’harmonie des siens.

Il promenait ses pieds en solitaire sans l’escorte ordinaire de compagnons de son âge. À intervalles irréguliers, le drôle se livrait à une bien étrange pantomime : ici et là, après s’être assuré en jetant un clin de regard circumcirculaire par dessus ses épaules, façon filou en planque, que nul quidam ne s’aventurait dans les parages, il faisait des haltes fréquentes, se pliait en deux et semblait s’affairer à relacer ses brodequins.

En vérité, penché sur sa parcelle de trottoir, ni vu ni connu j’t’embrouille, le petit gars harponnait à doigts agiles des mégots remarquables qu’il faisait disparaître dans une boîte en fer blanc dont l’étiquette trompe-l’odorat vantait la fraicheur des pastilles Vichy.

Le loupiot était en service commandé : il manœuvrait pour le compte de son grand-père, un ancien travailleur corse devenu allergique à l’effort à l’approche de la cinquantaine. Le vieux chômeur était forcément un bien habile sorcier manipulateur pour avoir réussi à transformer en collecteur de mégots méthodique et compulsif un jeune binoclard pusillanime que faisait rosir aux pommettes le passage de l’ombre d’une jupe de fille sur le trottoir d’en face…

Ramasser des mégots, c’était un truc de mendigot [2], il n’y avait pas d’activité plus fouteuse de honte et pourtant le p’tit gars glanait activement les résidus de clopes. Détourner le regard, négliger un beau restant de cigarette et passer son chemin en sifflant dans sa tête une rengaine de guinguette, c’eût été trahir et ça, ça s’pouvait pas !

Remettre discrètement à Pépé Martin une boîte bien garnie, c’était l’assurance qu’une main tavelée et reconnaissante allait froisser la tignasse du cueilleur ; c’était l’assurance de l’entendre murmurer : « fan de Dieu, la belle camelote ! » ; c’était l’assurance de voir ses yeux saliver du jus de goudron ; c’était l’assurance que le vieux allait passer de bons moments à façonner dans la boite à Zig Zag d’odorantes cigarettes de seconde main.

La boîte lovée dans la poche de gauche était bombée et percée de dizaines de trous pour permettre la respiration de ses occupants ; la boîte de gauche, c’était un réceptacle pour hannetons, une sorte de malle de voyage.

En ce temps-là, au printemps, les lourds coléoptères bruns voletaient en bruyantes escadrilles sous les marronniers : l’éclosion des fleurs de marronnier donnaient le signal de l’ouverture de la chasse et les p’tits joyeux des écoles ne se privaient pas de les faire prisognes.

La manœuvre des vols de hannetons était une activité traditionnelle de printemps autorisée dans les cours d’école et bien des maîtres à béret, lorsqu’ils surveillaient les récréations, suivaient les évolutions des forteresses volantes et bourdonnantes avec des regards pleins de bonhommie au souvenir du lointain temps d’avant où ils pilotaient eux-mêmes.

Le vol maîtrisé des hannetons était une pratique tenace que les pères, nostalgiques de leur enfance, transmettaient fièrement à leurs fils. Les techniques fauconnières adaptées aux coléoptères s’apprenaient plus vite que les règles de grammaire ; les pilotes experts attachaient un fil à coudre à une patte des captifs : deux mètres de liberté conditionnelle et les élytres bruns s’élançaient en vrombissant comme des bombardiers US.

Mais les maîtres ne pouvaient s’attacher à leurs cerfs-volants poilus tant leur comportement imprévisible défrisait leurs entendements juvéniles : c’était une analyse unanimement partagée par les avionneurs de hannetons qui opinaient doctement du chef à l’évocation de leurs infortunes.

Imprévisibles comme des bourdons neurasthéniques, leurs antennes massues en bélier, les hannetons changeaient souvent et brusquement de trajectoire pour aller percuter les vitres des alentours. Avec la ferveur imbécile des pilotes kamikazes, les forteresses volantes caparaçonnées n’aimaient rien moins qu’aller mourir en s’assommant contre les vitrages : les hannetons étaient des insectes suicidaires ; c’était inscrit dans leurs gênes poilus ; c’était leur part d’ombre antipathique. Les loupiots ne s’y étaient pas trompés : « t’es con comme un hanneton » figurait en position éligible dans le riche registre des insultes écolières de printemps.

Rue Paul François Avet, à l’approche de l’hôpital intercommunal, le p’tit gars se fit musard : ses boites en fer blanc étant raisonnablement garnies, le glaneur pouvait lever le pied et se laisser aller à flotter sur ses pensées molles.

Il longeait le pavillon annexe dit « les canadiens » qui hébergeait le service de gériatrie et qui tenait aussi le rôle d’asile pour les anciens en perdition sociale, lorsqu’il s’entendit interpeler discrètement par un buisson de fusain : « Petit… hé, Petit… approche … ».

Derrière le grillage aux larges mailles le buisson était piqueté en son fouillis de deux têtes de vieux improbables : deux crânes de vautours hirsutes et déplumés. Habiles comme des trappeurs confirmés, deux anciens hors d’âge se tenaient à croupetons dissimulés dans l’épais feuillage : « Petit… hé, Petit… approche ici… ». Les voix se faisaient insistantes ; deux voix de rogomme calfatées au tabac et aux embruns vinassiers.

L’un des deux dépenaillés avait le tarin purpurin et turgescent du père Brochard qui était dans notre quartier la référence en matière d’ivrognerie. L’autre avait un nez de second couteau, un nez de suiveur de zinc, congestionné et strié de veinules bleutées. Deux tronches de pirates en rupture de pont et qui ne s’hydrataient pas au jus de glaçon…

Ils ne donnaient pas envie de converser et d’autant plus que Jeannette, la maman du petit chemineau, était sur ce point intransigeante avec sa progéniture : « on ne parle pas aux étrangers ! ». Et ces deux-là, c’est sûr, lui étaient inconnus.

Mais les yeux des pochtrons et leurs propos guimauves sont piègeux : ils aimantent les âmes simples et sensibles, « Petit…hé, Petit…on est privé de tout ici … c’est pire qu’en prison… ».

La prison, le minot il ne connaissait pas, mais les privations, ça, oui il connaissait et cela l’ébranla d’autant plus que celui qui semblait le plus filasse parlait comme son Pépé Martin lorsqu’il sentait venir la panne sèche : des mots enrobés comme des mignardises et des mimiques affligées de cocker qui se serait oublié sur un tapis persan…

« Petit… Petit… c’qui nous f’rait un peu de bonheur, c’est d’avoir une chopine, mais on n’a pas le droit de sortir pour en acheter… » …C’était piègeant : comme Pépé Martin, les deux suppliants rêvaient de passer un bon temps de leur vie les lèvres à la tétouille sous le robinet d’un barricot de rouge… comme Pépé Martin, les deux vieux jouaient du violon sans corde : c’était entêtant, pas moins insupportable que les gémissements d’Ulysse à la torture sous les chants envoûtants des sirènes…

C’était pas rien que cette aventure ; c’était pas rien que de prendre la décision d’aller acheter un litron de vin rouge au Familistère, de le balader à la vue des passants, de prendre le risque humiliant de croiser des dames bien mises, outragées, qui susurreraient « si c’est pas malheureux tout de même ! Il y a des parents, je vous jure … ». Son petit cœur battait la chamade ; le pauvret était tétanisé… « Tu sais, Petit, tu pourras garder la monnaie pour t’acheter des bonbons… ». Il fut victime d’un mirage : pendant trois secondes il s’entrevit prince des sucreries en mission chez la mère Meloyan, l’épicière de son quartier…

Le jeune garçon ébranlé commit l’erreur de poser une main sur le grillage ; le pirate dominant la recouvrit de sa patte velue et se fit enjôleur : « Petit, tu feras une bonne action ; sûr que tu froisseras pas le Bon Dieu en donnant un peu de bonheur à deux pauv’bougres… ». Le contact physique, ce fut le piège absolu : le drôlet était fait aux pattes comme Jim Hawkins dans le film « l’île au trésor » lorsque Long John Silver, le doucereux démoniaque, l’enveloppe aux épaules et lui décoche un clin d’œil complice…

Branle-bas de tempête dans la soupente, charivari… le petit avait la tête incandescente ; le manège s’était emballé, des étoiles explosaient sur le devant de ses mirettes ; des nuées d’hannetons fuyaient de ses poches ; les mégots se consumaient dans leur boîte ; Ulysse enlaçait les sirènes ; Jeannette tirait les vers du nez de Pinocchio ; Papa ne disait rien de ce qu’il ne pensait pas ; les rombières moralisatrices pointaient des index sataniques ; Jésus restait hiératique ; le cocher de l’étiquette des « vins du postillon » était hilare et la Vierge Marie était insondable ; c’était la géhenne et c’était rigodon dans le cortex du jeunot : ses neurones partaient en purée moulinée… Tourner le dos ? Fuir à toutes jambes ?… Mais il n’avait pas appris ; il ne savait pas faire…

Alors il empocha les pièces et se dirigea rapidement vers le Familistère via la rue du docteur Plichon.

L’épicier lui tendit la bouteille de « vin du Postillon » sans même le regarder ; c’était rassurant ; l’épreuve redoutée commença au sortir du magasin : il avait l’impression que tous les regards convergeaient vers lui et sa bouteille ; aussi s’efforçait-il de dissimuler la boutanche qui lui faisait bien de la honte ; mais le flacon restait bien voyant ; restait à presser le pas pour réduire le temps de la guigne.

Ce n’était pas sans risque car la rue du docteur Plichon est une rue courbe aux pavés disjoints, une rue subséquemment fourbe ; le jeune garçon trébucha, laissa échapper la bouteille et patatras… s’affala sur le trottoir.

Il était dévasté et resta longtemps abîmé dans la contemplation de ses chaussures et de ses mains traitresses. Quand il fermait les yeux, sur le revers des ses paupières, s’incrustaient les regards désespérés de ses commanditaires assoiffés : épouvantails crispés comme des agoniques qui tendaient vers lui des bras frénétiques pour l’étreindre et l’étrangler et qui l’abreuvaient d’insultes silencieuses, assassines comme des invectives d’agnostiques. Le malheureux garçonnet était au plus profond d’un puits : il n’était pas près de vivre une nuitée sans la vision de son forfait et ce, d’autant moins qu’en fond de poche les piécettes du rendu de monnaie commencèrent à produire un effrayant tintamarre.

Que faire de ces pièces qui pesaient en conscience, leur pesant de plomb ? Des brouillons de solutions lui cognèrent bientôt aux tempes :

  • Rendre la monnaie aux deux vieux spoliés ? C’était de la provocation honteuse…
  • Transformer la monnaie en bombance sucrière chez la mère Meloyan : caramels, boite de coco boer, roudoudou… (manquerait plus que le mistral gagnant soit vraiment gagnant !)… ? C’était cathéchismiquement amoral…
  • Jeter les pièces dans les eaux de la Marne : six ricochets et une lente plongée vers le profond du limon ? vaseuse alternative…
  • Enterrer le petit pactole dans un bosquet après avoir procédé au relevé de localisation sur une carte ? Cela poserait le problème de la sauvegarde du document qui pouvait tomber en de mauvaises mains…
  • Tendre les pièces à Jeannette comme une offrande en prétextant les avoir trouvés en chemin ? C’était inenvisageable : Jeannette, c’était de la jugeote en jupons… On peut trouver un porte-monnaie, une pièce de cent sous, mais pas six…, Jeannette, elle goberait pas…
  • Les larguer à la quête, lors de la messe dominicale ? Générosité suspecte …
  • Les transformer en timbres antituberculeux à l’occasion de la prochaine campagne de collecte de l’école ? Trop éloigné dans le calendrier…
  • Les déposer discrètement dans la poche de Pépé Martin comme une contribution de la confrérie ? Cela ne lui était pas venu à l’esprit… Le problème restait entier.

Toute ces supputations étaient insolubles dans le bon sens : impossible de se vider les cavités liquidiennes du cerveau et de sortir de la déprime juvénile subséquente.

Que faire des pièces de la soif ? Le présent était sans perspectives d’avenir. Le livreur maladroit avait la tête engoncée dans une ruche : les boursoufflures de mille dards d’abeilles l’empêchaient de s’extraire de la boîte à misères …

Mai 2015, un vieux gars, planté devant le bâtiment « les canadiens » de l’hôpital intercommunal s’explose en vain la mémoire : quel sort a-t-il fait autrefois aux pièces de la soif ???

Texte : Christian BAUMGARTH
Dessins : Marine MASSA (= WENNIZ MAS), petite fille de l’auteur.

L’idée de proposer ce texte à Thierry Sabot n’est pas venue spontanément à mon frère Christian et il a sérieusement renâcler devant ma ( forte ) suggestion : pour lui cette petite histoire personnelle était susceptible de n’intéresser que sa tribu et accessoirement les vieux cristoliens qui avaient connu la mère Méloyan, le père Brochard ou qui avaient usé leur fond de culotte à l’école Victor Hugo… Pour moi, j’y voyais surtout l’évocation de deux activités du temps d’antan qui font partie de notre histoire et dont nos petits enfants n’imaginent même pas l’existence : le hanneton a quasiment disparu et l’idée que la pénurie et la misère aient conduit nos vieux à un recyclage non écologique des mégots leur paraîtrait surréaliste.

Il a fini par me laisser faire et je lui ai extorqué en prime l’illustration par Marine.

Conscient que publier une historiette (même magnifique) ne fait pas partie des objectifs éditoriaux de la Gazette, j’ai d’abord envisagé d’adresser le texte en l’accompagnant d’un message plaidant pour mon point de vue ; finalement j’ai renoncé à cet ajout. Thierry Sabot n’a donc reçu que le seul texte et il en a vu l’intérêt du point de vue de l’évocation des mœurs du temps passé.

C’est avec une grande perplexité que j’ai lu les commentaires des lecteurs : mon étonnement ne provient pas du flot des éloges qui sont indiscutablement mérités car mon bougre de frère écrit d’une plume magnifique que je ne me lasse pas d’admirer ( et je dois le reconnaître d’envier ) depuis des décennies ; mais il provient du constat que tous les lecteurs ont été hypnotisés par le seul fond de cette petite histoire contée avec verve et talent au point d’en réclamer la suite et la solution de l’énigme.

Et moi, je suis resté sur ma faim : personne ne s’est intéressé au pilotage des hannetons ; les Victor Hugoliens auraient-ils été les seuls marmots des écoles d’antan à s’y passionner ? J’aimerais bien le savoir…

Notre adorable Pépé Martin a-t-il été le seul glaneur de mégots de ces temps de pénurie ? Les gamins participaient-ils à la récolte pour les adultes (ou pour eux-mêmes ) ?

Il n’y aura pas de suite à l’histoire et donc pas de solution à l’énigme… Chacun devra laisser libre cours à son imagination : il faut toujours laisser une part au rêve …

Christian n’osera jamais prendre la plume pour remercier ses lecteurs ; qu’ils sachent qu’il a été très sensible à leurs propos.

Un grand merci à Franck Boulinguez pour avoir remercié Marine.

Michel BAUMGARTH

Notes

[1L’histoire se déroule à Créteil qui ne deviendra préfecture du Val de Marne que bien des années plus tard et qui n’était alors qu’un petit bourg encore rural et agricole.

[2Mais pas seulement de mendigots : pendant les dures années de restrictions de la guerre et de l’après-guerre les cannes de beaucoup de nos anciens ne servaient pas seulement à faciliter leur marche ; nos vieux les avaient astucieusement agrémentées d’une pointe de fer qui ménageait leur dos pour la récupération des mégots...

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19 Messages

  • Que sont devenues les pièces de la soif ? 11 octobre 19:47, par JBE

    Monsieur Baumgarth, vous avez un style incroyable .
    Quel bonheur.
    Mais vous ne pouvez pas nous laisser ravaler notre curiosité, et je ne vois qu’une solution : l’hypnose .... et vous nous donnerez la suite de cette histoire ...
    Très bonne soirée.
    JBE

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  • Que sont devenues les pièces de la soif ? 12 octobre 10:29, par Alain

    Bonjour,
    Puisque l’histoire a soupirée à Créteil, je donne ma langue au chat. Créteil l’échât.
    Ils ont une très bonne équipe de handballeurs, puisque l’un de mes neveux y a été l’un des piliers de cette équipe au début des années 2000.

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  • Que sont devenues les pièces de la soif ? 12 octobre 10:37, par Vandamme

    Bien difficile d’attendre une semaine pour connaître la fin de l’histoire, mais patience donc et il en faut, merci quand même pour ce récit qui nous tient en halène, pourvu que je n’en rêve pas les nuits prochaines et me transforme en ce malheureux gamin et sa cervelle sans dessus dessous....

    Répondre à ce message

  • Que sont devenues les pièces de la soif ? 12 octobre 11:29, par Gueguen Jean-Christophe

    J’ai adoré votre histoire et j’attends la suite avec impatience.

    Répondre à ce message

  • Que sont devenues les pièces de la soif ? 12 octobre 15:53, par PUTIGNY

    Pour un coup essai c’est un coup de maitre, ça me rappelle mon enfance dans un quartier de Lyon un peu perdu maintenant. Tout y est... vivement dimanche !

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  • Que sont devenues les pièces de la soif ? 13 octobre 08:14, par JOURDAIN Isabelle

    Monsieur BAUMGARTH vous êtes génial, votre récit est prenant et tellement bien raconté.

    J’attends la suite non sans piaffer d’impatience .

    Merci pour ce bon moment passé en votre compagnie.

    Cordialement
    Isabelle

    Répondre à ce message

  • Que sont devenues les pièces de la soif ? 13 octobre 10:15, par CART LAMY

    Au delà de ses talents de conteur passionnant et passionné, C. Baumgarth a une plume précieuse. Ce texte est remarquablement écrit et pour cela, moi aussi, j’attends la suite de l’histoire. J’ai bien une idée du devenir de ces piécettes si elles avaient été entre mes mains !! Mais ce n’est pas « mon » histoire.

    Répondre à ce message

  • Que sont devenues les pièces de la soif ? 13 octobre 20:26, par Marlie Toussaint

    Bonsoir
    Que dire de plus sur ce récit frais, enlevé avec une pointe de gouaille populaire : j’ai adoré !
    D’un côté, j’ai presque envie que ce garçonnet garde son secret sur le devenir de ces piécettes de la soif et de l’autre, j’attends avec impatience de vous lire à nouveau
    Merci à vous
    Cordialement
    Marlie

    Répondre à ce message

  • Que sont devenues les pièces de la soif ? 13 octobre 23:05, par Colette Boulard

    Moi aussi, j’ai adoré. Forcément, le texte est si riche d’éléments concrets, bien présentés et c’est si bien écrit. Chapeau !

    Répondre à ce message

  • Que sont devenues les pièces de la soif ? 14 octobre 15:41, par catherine marquet

    Bonjour,

    Quel talent et quel style !!
    Bravo.

    Répondre à ce message

  • Que sont devenues les pièces de la soif ? 14 octobre 16:03, par Franck Boulinguez

    Aucun commentaire si ce n’est le plaisir ressenti en lisant ce texte merveilleusement écrit.

    Vivement « mai 2015 » pour savoir ce que le « vieux gars » a fait des ces fameuses pièces...

    Merci Marine pour tes très jolis dessins ! Merci Christian !

    Cordialement
    Franck

    Répondre à ce message

  • Que sont devenues les pièces de la soif ? 19 octobre 19:58, par Vandamme

    Pour répondre au sujet des hannetons, désolée mais je n’ai pas connu cette période qui devait être antérieure, je suis née en 1943, mais pour les ramasseurs de mégots oui j’en ai vus, mais pas des enfants mais des personnes très âgées a l’époque, ayant soit peu de retraite ou soit sdf, mais on le les appelait pas encore ainsi mais clochards, par contre, mais çà n’était pas dans le récit donc pas le sujet mais çà me vient a l’esprit, j’ai pu voir régulièrement des « culs de jatte » ainsi que des « gueules cassées », çà maintenant on n’en voit plus ou certainement très rarement et tant mieux pour eux.

    Répondre à ce message

  • Que sont devenues les pièces de la soif ? 21 octobre 19:52, par Orson

    Bonjour Michel,

    Bien belle histoire que cette expérience de votre frère et, puisque vous le sollicitez, je vais vous répondre sur le même ton, vous confiant mon expérience propre et similaire sur ces sujets.
    J’étais loin d’être né en 1952 et pourtant j’ai connu la pratique des hannetons tenus en laisse à la récré. Ce n’était déjà plus l’époque des blouses grises à l’école communale ni celle des instituteurs à béret, et, effectivement, cela changeait des choses, puisque notre instituteur ne supportait cette « activité ». Je n’ai jamais compris pourquoi, d’autant qu’il faisait pire à mon sens en faisant tomber le hanneton au sol en tirant sur la laisse et cela pour l’écraser sous son pied, avec cette justification qu’on ne devait pas faire souffrir ces insectes, lesquels pourtant n’en donnaient aucunement l’impression..!
    Mais le vrai plaisir…, le plus fugace et le plus intense consistait à les attraper au vol et d’en tenir un dans son poing fermé et sentir ses papattes vous chatouiller délicatement la paume pour tenter de s’en extraire… !
    Le ramassage de mégots aussi, je l’ai vu pratiquer par certains, pour leur « consommation personnelle », car vers 10 ans, il fallait plus ou moins s’initier à la chose, pour grandir sur le chemin de l’adolescence et je me souviens aussi des petits encarts publicitaires dans « Sélection du Reader’s Digest » qui disaient : « un fumeur, UN VRAI...les roule ! » pour vanter le tabac brun caporal vendu en vrac dans son emballage cubique gris...
    A cette l’époque, on parvenait à se faire un peu d’argent de poche quand on avait une visite familiale (et une tata qui pensait à nous gâter) ou alors en vendant à quelque famille sans enfant (c’est à dire sans personne pour la fournir), sa récolte d’escargots, à 10 centimes l’unité, et… en dépensant donc cet argent émanant d’une activité informelle pour de menues dépenses et qui n’arriverait donc jamais jusqu’à la tirelire, car après il aurait été moralement impossible d’y toucher… !
    J’avais été épaté, quelques années avant, par ma soeur ainée qui faisait les courses de ma tante laquelle lui laissait parfois 5 centimes pour ça, on disait encore 5 francs à l’époque, ces grandes pièces en zinc avec le coq dessus. Un jour, ma soeur s’est acheté un magnifique stylo-bille « Bic Cristal » tout neuf à 30 centimes (le plus ordinaire qui soit, soit dit en passant)... Je me suis demandé, moi qui ne savais pas encore écrire : mais comment a-t-elle fait ? Comment a-t-elle réussi ce prodige ? Et elle m’a expliqué qu’elle n’avait pas directement transformé ses pièces de 5 Francs en leur équivalent de caramels à 1 Franc et que donc, après longtemps..., longtemps… (8 à 10 fois les courses pour la tante, soit un mois tout au plus), elle en était arrivée là, elle avait carrément acheté ce magnifique stylo de son argent et cela sans demander la moindre ponction sur sa tirelire…. J’en étais… baba, il n’y a pas d’autre mot c ! Certainement envieux… et ça m’a fait une leçon... !
    Et donc ayant gagné quelque argent, notamment par la vente d’escargots, argent qui n’allait donc pas dans ma tirelire, eh bien, je m’autorisait à le dépenser, normalement en guimauve enrobée de chocolat saupoudré de copeaux de noix de coco, qu’on appelle speck, et voire plus tard donc, en paquet de cigarettes. Les Gauloises étant à 1F35 le paquet, il me fallait donc vendre 14 escargots (en plus de ceux dévolus à la consommation familiale) et démarcher une cliente intéressée... Mais qui aurait acheté seulement 14 escargots alors qu’on ne les cuisine qu’à partir de trois douzaines et plus ? La solution consistait à m’associer à 1 ou 2 comparses, toujours les mêmes, parce que, quand-même, les coins à escargots, c’est un peu comme les coins à fraises des bois, ça doit rester secret (même si dans le cas des fraises des bois, point de négoce, la récolte était autoconsommée sur place au fur et à mesure) ! Et puis aussi, il fallait laisser quelques escargots gratuits, les moins « beaux », autrement dit, les moins gros, pour conclure le marché..!
    Alors, évidemment, l’affaire faite, j’ai pu acheter un paquet de cigarettes, sans avoir à compter sur de plus grands, le bonheur de l’indépendance financière, quoi ! Je n’ai acheté qu’un paquet ou deux cette année-là, parce que fumer était un apprentissage probablement nécessaire mais pas forcément agréable et que d’autre part, c’était à faire à plusieurs et ensemble, sinon, ce n’était plus une initiation. On avait donc la tabagie rarissime, légère (clope partagée) et aérienne quoique toussotante !
    Et ensuite, c’était systématiquement des « Gauloises », d’une part, parce que c’était les plus populaires, mais surtout parce que c’était la marque que fumait mon père. Ainsi, ça n’éveillait pas les soupçons de la buraliste au moment de l’achat et d’autre part, ça me permettait de ranger le paquet entamé sans risque d’être découvert par ma mère (ça se serait mal passé), dans la veste d’hiver de mon père en été et dans sa veste d’été en hiver, de telle sorte que si, par hasard, il était tombé dessus, il se serait dit : « Ah tiens, je les avais complètement oubliées celles-là, ça m’évitera d’en acheter aujourd’hui... ».

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    • Que sont devenues les pièces de la soif ? 24 octobre 02:38, par Michel BAUMGARTH

      Orson,
      un grand merci pour ce texte : Christian et moi avons retrouvé nos hannetons avec grand plaisir.
      À l’évidence, notre différence d’âge montre que le pilotage des hannetons était bel et bien une activité culturelle en vogue chez les écoliers
      Ce savoir-faire se transmettait de génération en génération par simple imitation ; c’était presque un rite initiatique pour accéder au statut de grand dans la cours de récré.
      L’évocation de ces pratiques d’antan avait bien sa place dans notre Gazette.

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  • Que sont devenues les pièces de la soif ? 7 novembre 08:50, par muneaux veronique

    ce teste est très touchant je l’ai lu comme un compte de fée
    mais il est vrai qu’il amène des question sur les hanneton ou sont il et comment cet domestication ce faisait elle ?
    quand je vois les enfants actuel avoir peur du moindre insecte on se demande comment le monde a autant changer !
    encore merci a l’auteur et a vous pour nous avoir fait partager ce petit moment d’une vie simple mais dont le récit m’a procuré beaucoup de plaisir

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    • Que sont devenues les pièces de la soif ? 7 novembre 22:49, par Orson

      Bonsoir Véronique,

      Les hannetons ont disparu depuis longtemps et c’est peut-être pour ça que les enfants ne les capturent plus pour en faire un petit ami de compagnie...!
      En cause, évidemment les traitements agricoles contre les insectes nuisibles.... Mais je crois qu’on les reverra, je les espère et je les guette.... Déjà, on commence à revoir à nouveau (depuis 4/5 ans) des coquelicots et des bleuets aux abords des parcelles de blé et même parfois au beau milieu ! Alors j’ai confiance, je crois qu’on reverra des « invasions » de hannetons à un horizon de 10 ans, voire avant...

      Sinon, j’expliquai dans ma précédente intervention comment on attrapait un hanneton, c’est à dire au vol et le soir quand il se rapproche de la lumière, par exemple celle d’un réverbère, ensuite quand on le tient dans sa main, il faut agiter le poing pour le désorienter, sinon il s’échappe quand on ouvre la main. Et là, comme il est un peu étourdi, on peut le prendre entre deux doigts, le temps de lui mettre un fil (de couturière, comme disait Michel) à la patte arrière et...hop ! le tour est joué ! Ensuite le hanneton fait ce qu’il sait faire, c’est-à-dire voler pour rechercher sa pitance et ça fait, en effet, un animal de compagnie tenu en laisse. Mais ce n’est pas une domestication, puisque le hanneton reste sauvage quoique sans danger d’aucune sorte.

      Ensuite, on pouvait le ranger dans une grande boite d’allumettes pour la nuit et retrouver ce nouveau compagnon dès le lendemain matin et épater tous les copains (et copines) à la récré !
      Et on pouvait aussi lui rendre sa liberté en coupant aux ciseaux le fil au ras de la patte, il partait alors vers de nouvelles aventures...! Mais on n’avait pas de mal à en attraper un autre dans les jours qui suivaient...!

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      • précision entomologique 8 novembre 16:09, par Martinière

        Moi, je suis né en 1946, et je me souviens que les hannetons, les gros, les vrais, il n’ y en avait que tous les quatre ans car c’ est le temps qu’ il faut à la larve (le ver blanc) pour atteindre sa maturité. Si mes souvenirs sont bons, il y en a eu en 56, et donc en 52.

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  • Que sont devenues les pièces de la soif ? 11 novembre 07:17, par JOURDAIN Isabelle

    Bonjour

    La chasse aux hannetons était dans beaucoup de campagnes une façon de conserver ses plantations . Adultes ils dévoraient les feuilles et bourgeons de fruitiers ,une nécessité devant le fléau grandissant de ces petites bêtes .

    Les larves dévoraient les feuilles et bourgeons des fruitiers , de trèfle , le blé et autres céréales et plantes à faibles enracinements . Un paysan n’aime pas admirer la destruction de son travail et n’accepte pas le spectre d’une mauvaise récolte sans rien faire.

    Il engage donc ses enfants et petits enfants dans un travail particulier . Les enfants s’en amusent , ils sont vifs rapides agiles et ça les occupent à quelque chose d’utile pour tout le monde.Ils capturent les hannetons...

    Finalement cette course en vol du hanneton n’était qu’une attraction finale pour ces enfants.

    Parcourir le verger où les champs pour en capturer un maximum et les attacher par les pattes pour qu’ils ne puissent pas s’échapper à nouveau dans la nature.

    Un supplice pour cet animal, qui n’était pas de compagnie mais était redouté par les parents de ces enfants de la campagne .Il fallait récolter sans devoir perdre le produit de tout un labeur .C’est pourquoi les hannetons , les doryphores et autres bestioles finissaient généralement sous un sabot dans le feu ou contre un mur.On a beaucoup utilisé les enfants à la campagne pour faire fuir les oiseaux des champs de blé , ramasser les doryphores pour conserver ses plantations de pommes de terre et autres...et cette pratique n’est pas si vieille car tout le monde n’utilisait pas de pesticides à ces époques.

    Cordialement
    Isabelle

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  • Que sont devenues les pièces de la soif ? 12 novembre 13:36, par RAIMBAULT Evelyne

    faute d’accord : qu’est-ce qui a été laissé : la tache indélébile, C.O.D placé avant le participe passé donc accord , écrire ’laisséE’ : d’après la ’nouvelle grammaire’ le v.laisser ne s’accorde pas/plus s’il est suivi d’un autre verbe, ex ’ils se sont laissé prendre’ mais dans le texte de Christian Baumgarth , il faut marquer l’accord.
    Peut-être que de nos jours on ne sait plus ce que sont le complément d’objet direct et complément d’objet indirect ou ... peut-être porte t-il un autre nom ou encore, comme de plus en plus de gens qui ne veulent plus réfléchir, se poser la question du COD ou COI, on a mis cette règle aux oubliettes .. la politique qui vise à simplifier voire abolir les règles de grammaire n’est pas toujours la bonne solution pour comprendre la signification d’un texte lorsqu’il est un peu compliqué .. Ceci dit, j’adore le texte du 21/10 de l’auteur-témoin qui parle de son enfance, adolescence, son père, sa soeur, la façon de gagner quelques sous... Merci.

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