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Un contrat de mariage posthume


vendredi 30 avril 2021, par Nicole Graillot

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À la recherche de mes ancêtres, j’ai été confrontée à une situation bien surprenante dont les acteurs principaux sont Gilles VANDÉ et Mathurine GANDRIAU, qui devenue veuve, a épousé Jean OGIER en secondes noces.

Chacun de ces mariages a donné lieu à l’établissement d’un contrat par Maître CAILLEAU, notaire de Saint Sulpice en Pareds (Vendée).

Le premier contrat de mariage (Cmg1) entre Gilles VANDÉ et Mathurine GANDRIAU est daté du 25 mai 1670 (Cmg1) -AD85 – Saint Sulpice – 3 E 57 248-7-1 -Étude de Pierre Cailleau (1670-1698) – vues 1 et 2/320.

Une histoire fort banale en somme si ce n’est que le futur marié Gilles VANDÉ était décédé depuis le 12 avril 1670, soit 44 jours avant l’établissement du contrat de mariage lors duquel, il était censé être présent.

Saint-Sulpice-en-Pareds Registres paroissiaux -Sépultures juill.1645-juin 1680 (Vue 14).

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« Le 12e jour d’Avril 1670, fut inhumé au cimetière de ce lieu, après la réception des saints sacrements, le corps de Gilles VANDÉ aagé de 38 ans ou environ. MICHEAU Prebtre, Prieur ».

La recherche de l’acte confirmant la célébration du mariage a été infructueuse.
Aucun acte n’a été enregistré sur le registre de Saint Sulpice en Pareds dans la période où logiquement le mariage aurait dû être célébré.

Toutefois la « quittance » du notaire datée du 3 septembre 1671 au bas du contrat, confirme le décès de Gilles VANDÉ, sans donner de date.

« Aujourd’huy, troisiesme jour du mois de septembre mil six cent soixante et onze, pardevant nous Nottaires des baronnies de Vouvant et Mairevant, soubsignés, Françoise CLERGEAU, Christofle DESCHAMPS et Hélenne VANDÉ, demeurant en communauté, avecq Mathurine GANDRIAU, ont recongnu avoir reçu de la ditte Mathurine GANDRIAU, auparavant ces heures, la somme de soixante livres en argent, un lit avecq son travers, qu’elle estait obligée par son contrat de mariage en sa personne avec defunct Gilles VANDÉ ».

Le contrat (Cmg1) définit et entérine les conditions d’entrée de Gilles VANDÉ et Mathurine GANDRIAU dans la communauté déjà existante de Françoise CLERJEAUD mère de Gilles, Christophe DESCHAMPS et son épouse Hélène VANDÉ, soeur de Gilles.

Il stipule que la future mariée devra apporter 60 livres en argent ainsi qu’une garniture de lit remplie de plumes pour entrer dans la communauté.

La quittance du 3 septembre 1671, ajoutée au bas dudit contrat, confirme que Mathurine GANDRIAU s’est bien acquittée de cette obligation.

Entre-temps, Mathurine GANDRIAU s’était remariée le 19 janvier de cette même année 1671, avec Jean OGIER.

Mais étrangement, le nouveau contrat de mariage (Cmg2) précédemment établi par le même notaire Maître CAILLEAU, ne précise pas qu’elle était veuve. Toutefois, dans ce document, Françoise CLERGEAU est dite « belle-mère », et Christophe DESCHAMPS et Hélène VANDÉ « beaux-frères » (pour beau-frère et belle soeur) de Mathurine GANDRIAU.

(Cmg2) -AD85 – Saint Sulpice – 3 E 57 248-7-1 -Étude de Pierre Cailleau (1670-1698) – vues 19 et 20/320.

« Sur le tretté (en) « faveur et prévision » de mariage encommencé à faire en face de nostre mère Ste Église catolique, apostolique et rommaine, des personnes de Jean OGIER, fils de Ollivier OGIER et Jacquette CLERC, avecq Mathurine GANDRIAU, fille de Jean GANDRIAU et Catherine BOURASSEAU, pour l’effet duquel mariage et pour consentir les clauses et conditions cy après, ont esté présents et personnellement establys en droit, à la cour des baronnies de Vouvant et de Mairevant, soubsignés Juré d’icelle ; ledit OGIER, proparlé d’une part et laditte GANDRIAU, proparlée d’autre, demeurant ledit OGIER à la Séguiniere, paroisse de St Maurice des Noues et laditte GANDRIAU au village de la Chervinière, paroisse de St Sulpice et encore Françoise CLERGEAUD, belle-mère de laditte proparlée et Cristofle DESCHAMPS et Elenne VANDÉ, sa femme, de luy bien et deüement octorisée au contenu de ces présantes, d’autre part ».

Un peu plus loin, on lira : « de la ditte Françoise CLERGEAUD, sa belle mère, de Cristofle DESCHAMPS et Helenne VANDÉ, ses beaux-frères ».

De même dans l’acte de mariage religieux de Mathurine GANDRIAU avec Jean OGIER, en date du 19 janvier 1671, il n’est pas mentionné qu’elle était veuve de Gilles VANDÉ.

AD85 – Saint Sulpice en Pareds – AC271 – Mariages août 1645 – février 1681 – vue 28/42.

« Le « 19 » janvier 1671, furent conjoints par mariage en la face de l’église, les cérémonies d’icelle deument gardées et observées, Jean OGIER de la paroisse de St Maurice des Noues, deument certifié et Mathurine GANDRIAU de cette paroisse et ont esté présents Olivier OGIER, père dudit Jean , Paul GANDRIAU, frère de ladite Mathurine, François CAILLEAU …….. de la Chervinière, Julien LOYSON ….. qui tous ont déclaré ne scavoir signer fors les soussignés. MICHEAU Prieur, Curé – François CAILLEAU ».

Analyse et réflexions :

Quelle a pu être la raison qui a nécessité l’établissement de ce contrat de mariage (Cmg1) « posthume » ? Il ne fait aucun doute qu’il a été établi après le décès du futur marié.

Dans la formule « en faveur duquel mariage quy autrement n’ust esté faict et accomply » figurant dans ce contrat, l’emploi d’un verbe au passé pourrait signifier que le mariage a bien eu lieu avant.

Mais à la lecture du minutier, il semblerait que c’était le mode de rédaction habituel de maître CAILLEAU, le notaire et pour preuve la même formule dans le second contrat (Cmg2) qui a bien été établi avant mariage.

Le contrat (Cmg1) ne contient que peu de détails en dehors des clauses en usage à l’époque, de l’apport de la dot pour la future mariée afin d’entrer dans la communauté familiale avec une répartition à part égale des fruits pour chacun de ses membres.

Ce ne sera que le 3 septembre 1671, que le notaire inscrira au bas dudit contrat, la quittance attestant la liquidation de la dot versée sans en préciser la date, à la communauté par Mathurine GANDRIAU, ce qui indique qu’il n’y a pas eu d’annulation de contrat de mariage.

Le même jour il inscrira au bas du contrat de remariage de cette dernière, daté du 28 décembre 1670, une quittance concernant l’apport convenu, fait (on ignore à quelle date) par Jean OGIER à la même communauté.

« Aujourd’huy, Françoise CLERGEAUD, Cristofle DESCHAMPS et Helenne VANDÉ, ont recongnu avoir receu des mains de Jean OGIER associé avecq oeux en communauté, la somme de trante trois livres en argent, deux escuelles, une assiette, cincq boiceau de blé seigle, ainsi aux heurres que ledit OGIER estait tenu et obligé aporter …. en communauté par son contrat de mariage avecq Mathurine GANDRIAU ».

Les faits se passent en 1670. La France est encore sous le régime de l’édit de Nantes, ce n’est pas pour valider un mariage non reconnu par l’église catholique que ce contrat a été établi. D’ailleurs, Gilles VANDÉ étant décédé, sans avoir procréé, il n’y aurait eu que peu d’intérêt à cela, d’autant plus que Mathurine GANDRIAU, s’est remariée très rapidement après le décès de son premier mari.

Il y a toutefois un élément qui mérite d’être signalé. Selon la loi (délais de viduité [1]) en vigueur à l’époque, une veuve devait observer un délai de 300 jours avant de contracter un nouveau mariage.

Or le notaire a établi un premier contrat VANDÉ/GANDRIAU le 25 mai 1670 et le second OGIER/GAUDRIAU, le 28 décembre de la même année, mais le mariage de ces derniers n’a été célébré qu’en janvier 1671, de ce fait, la mariée était parfaitement en règle.

Après réflexion, une hypothèse m’est venue à l’esprit.
Gilles VANDÉ était le frère d’Hélène, tous deux enfants de Françoise CLERJEAUD. Probablement faisait-il déjà partie de la communauté familiale avant son mariage. En épousant Gilles VANDÉ, Mathurine GANDRIAU entrait elle-aussi dans la communauté. On ne sait pas depuis combien de temps ce couple était marié. Peut-être Gilles VANDÉ était-il malade et le mariage a-t-il eu lieu sans avoir eu le temps de faire établir le contrat ouvrant à Mathurine l’accès à la communauté familiale. Quand elle s’est remariée, Jean OGIER était étranger à la famille VANDÉ, pour qu’il soit admis dans la communauté, il fallait que Mathurine en fasse déjà partie et ait fait légaliser son entrée en y apportant une dot. puis en tant que veuve VANDÉ, elle a pu faire entrer son nouveau mari dans la communauté moyennant selon l’usage, un apport qu’il a effectué en argent, vaisselle et céréales.

Le mystère n’est pas résolu pour autant. Rien ne peut confirmer mon hypothèse.
Il eût-été plus simple que Mathurine GANDRIAU et Jean OGIER entrent tous deux dans la communauté moyennant les mêmes conditions pour chacun. Existait-il chez les VANDÉ, une sorte de règle éthique pour empêcher cela ?

Pourquoi l’acte de mariage religieux est-il resté introuvable. Peut-être la cérémonie a-t-elle eu lieu dans une autre paroisse et que les nombreuses lacunes existant dans les registres m’ ont empêché de le retrouver.

Peut-être est-ce la communauté qui a été fondée peu avant le mariage de Gilles VANDÉ et Mathurine GANDRIAU, mais le mariage de Christophe DESCHAMPS et Hélène VANDÉ ayant été célébré en 1664, cela semble improbable, d’autant plus que Françoise GANDRIAU, pour être seule membre de la communauté, devait être veuve.

A cette époque, dans le milieu rural, la création d’une communauté familiale entre parents, enfants et conjoint(e)s, permettait de sauvegarder le patrimoine en évitant le partage des biens et des terres au moment des mariages (dot) ou des décès (héritage). Tous travaillaient à faire fructifier l’exploitation, dont les fruits étaient répartis en fonction des clauses de ladite communauté dans lesquelles étaient généralement précisées les répartitions en cas de résiliation, naissances ou décès.

Il faut souligner d’autre part, que le minutier de 1670 est le premier mis en ligne par les archives départementales de Vendée, dans la liste de l’étude de Pierre CAILLEAU. Premier numérisable ou premier de son exercice ?

De plus, le contrat de mariage VANDÉ/GANDRIAU a été inscrit à la page 1.

Le notaire n’était-il pas encore tout à fait opérationnel avant le 25 mais 1670 ?
Cela peut constituer une seconde hypothèse qui expliquerait la raison pour laquelle Maître CAILLEAU a enregistré ce contrat qu’il avait en instance, sachant que Gilles VANDÉ était malheureusement décédé entre-temps, mais que pour des raisons administratives ou fiscales, le minutier n’a pu être ouvert avant cette date ?

Ce contrat posthume (Cmg1) aurait été destiné à officialiser les conditions d’entrée de Mathurine dans la communauté afin qu’elle puisse faire valoir ses droits en cas de résiliation ou pour les besoins d’une succession même si entre-temps elle était remariée.

En effet, le contrat de mariage (Cmg2) concernant son union avec Jean OGIER, ne mentionne que l’apport de ce dernier dans la communauté.

Finalement, cette seconde hypothèse me semble plus plausible que la première mais je crains que malgré la poursuite de mes recherches, aucune réponse probante ne puisse être apportée.

Non élucidée également la raison qui a poussé Mathurine à épouser un autre homme si rapidement après le décès de son premier mari. Moins d’un an s’est écoulé entre les deux mariages et dès 44 jours elle s’était déjà engagée par contrat avec
Jean OGIER, avec il faut le préciser, le soutien de sa belle-mère et de ses beau-frère et belle-soeur.

Dans le contrat (Cmg2) il est précisé qu’en cas de décès de Françoise CLERGEAU, l’héritage serait partagé par moitié entre les deux couples : Christophe DESCHAMPS et Hélène VANDÉ d’une part et Mathurine GANDRIAU et Jean OGIER d’autre part.

« en faveur du « futur » mariage, est accordé que après le décès de laditte Françoise CLERGEAUD, seront lesdits proparlé et proparlée pour la moitié de la dite communauté avec lesdits DESCHAMPS et VANDÉ, sans que pour ce, ils puissent demander la part qu’ils auraient droit de demander comme héritiers de ladite CLERGEAUD, leur mère et belle-mère »

Les sommes et autres objets apportés par Mathurine GANDRIAU et Jean OGIER pour entrer dans la communauté familiale, ne reflètent pas une richesse suffisante pour susciter un intérêt financier, mais après-tout les contrats établis par Maître CAILLEAU, ne sont pas très détaillés en matière de meubles et immeubles.

On n’ignore pas qu’à cette époque la sauvegarde du patrimoine comptant beaucoup, de nombreux mariages « arrangés » par les familles étaient célébrés outre les sentiments des futurs conjoints.

Il est vrai aussi que des veuves se remariaient rapidement pour subvenir aux besoins de leur famille, mais en l’occurrence, Mathurine n’avait pas eu d’enfants !

En replongeant dans ma mémoire, je me suis rappelée un roman évoquant l’histoire d’une jeune femme très amoureuse d’un jeune homme qui ressentait pour elle beaucoup d’amitié mais pas d’amour. En vérité, le cœur de cet homme était pris par la sœur de cette dernière et réciproquement. Par compassion, parce qu’une grave maladie condamnait cette jeune femme à brève échéance, les deux « amants » ont réalisé le rêve de la malade que le garçon a épousée.

Ainsi, ignorant la gravité de son état, la jeune épouse s’en est allée après avoir vécu un bonheur éphémère grâce au sacrifice de sa sœur et de son « amant ».

Comme je suis très romantique, j’ai imaginé Gilles VANDÉ en malade et Mathurine GANDRIAU en amie, qui l’aurait épousé bien qu’elle aimait un autre homme : Jean OGIER. Pour les remercier, Françoise CLERGEAU, Christophe DESCHAMPS et Hélène VANDÉ, les ont fait entrer dans leur communauté selon un déroulement que nous connaissons maintenant.
Mais n’est-ce pas un peu trop romantique pour l’époque ?

Annexe : voici le contrat de mariage...
PDF - 2.4 Mo
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Merci à ceux qui pourront m’aider à le compléter...

Notes

[1Le délai de viduité est un délai imposé par le droit aux femmes veuves ou divorcées avant de pouvoir contracter un nouveau mariage.

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5 Messages

  • Un contrat de mariage posthume 30 avril 11:15, par Alain Forestas

    Durant ma carrière dans une banque, j’ai connu une dame qui avait contracté un mariage à titre posthume avec son compagnon mort pour la France durant la guerre de 39/45. Cela lui a permis de toucher pendant toute sa vie une pension de veuve de guerre.

    Répondre à ce message

    • Un contrat de mariage posthume 1er mai 12:19, par GRAILLOT Nicole

      Bonjour,
      Mon grand-père paternel a été porté disparu le 2 octobre 1915 à Tahure (Marne), mais ce n’est que le 26 mai 1920 qu’il a été officiellement déclaré « mort pour la France ».
      Entre-temps, ma grand-mère a vécu dans l’incertitude, l’espoir qui s’est amenuisé de jour et jour, et qui a fini par s’éteindre à réception d’un extrait du jugement déclaratif du décès du soldat BOBINET Louis Jules Adrien avec l’horrible mention inscrite à l’encre rouge : "mort pour la France".
      Ainsi ma grand-mère a dû faire face aux difficultés de la vie, avec deux enfants en bas âge, sans aucune assistance tant que le décès de son mari n’a pas été reconnu et cinq années se sont donc écoulées avant qu’elle puisse réellement faire son deuil !
      A partir du décès « officiel » de leur père, Maurice et Louis ses enfants ont été adoptés par la nation en tant que pupilles.

      Il est bien connu, que pour faire face aux nécessités de la vie et assurer les besoins de leurs enfants, certaines veuves de guerre, que ce soit à l’issue de la première ou de la seconde guerre mondiale, ont identifié pour celui de leur mari, le corps d’un autre soldat mort de ses blessures. Ainsi elles pouvaient bénéficier des secours que leur statut de veuve de guerre leur conférait et aussi se remarier.

      Dans le cas que vous évoquez, la "veuve" n’était pas mariée, mais peut-être avait-elle eu un ou plusieurs enfants avec cet homme ou tout au moins a t-elle bénéficié du témoignage de parents ou de proches.

      Conditions d’attribution de la pension de veuve de guerre (Wikipédia)
      "Il est nécessaire que la veuve ait été mariée au moins 3 ans avec le pensionné avant le décès de ce dernier. Cette condition n’est pas exigée si un ou des enfants sont nés au cours du mariage. La période de concubinage avant le mariage est prise en compte mais seulement sur production d’un certificat de vie commune (ou de concubinage) établi par la mairie où le couple a vécu ensemble avant de se marier. Le maire n’a pas d’obligation de délivrer un tel certificat".

      Mais l’histoire de Mathurine GANDRIAU se déroule au dix-septième siècle et ce type d’aide sociale n’existant pas, cette raison ne peut être invoquée.

      Merci pour votre message, qui soulève la question de la légalité d’un contrat de mariage censé avoir été établi (après septembre 1945) par un notaire, en présence des deux promis alors que l’un des deux étant décédé, était bien évidemment absent.
      La date du contrat aurait-elle été falsifiée, le futur ayant déclaré ne savoir signer ?
      Cela parait improbable !
      Normalement, le contrat de mariage pose les clauses du futur juridique des deux promis, que pouvait donc contenir ce contrat posthume ?

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      • Un contrat de mariage posthume 1er mai 15:21, par Alain Forestas

        Cette personne n’ pas eu d’enfants, mais a vécu en concubinage avec le défunt pendant plusieurs années. Comme elle tenait un débit de boisson à Bordeaux, je suppose qu’elle n’a pas eu de mal à trouver des témoins pour attester de ce concubinage. J’ai eu en main l’acte de mariage posthume, mais j’avoue qu’à l’époque je ne me suis pas intéressé à ces détails. Merci pour vos explications. Cordialement.

        Répondre à ce message

  • Un contrat de mariage posthume 30 avril 22:25, par Patrice Coconnier

    Merci, Nicole, pour cette mystérieuse histoire si bien racontée. Je préfère quant à moi l’hypothèse du premier mariage compassionnel, plus romantique que l’anecdote relatée par Alain !
    Mathurine s’est remariée 282 jours, soit 9 mois et une semaine après le décès de son premier mari : c’est un peu moins que 300 jours, le délai de viduité n’était-il pas plutôt de 9 mois ?

    Répondre à ce message

    • Un contrat de mariage posthume 1er mai 16:17, par GRAILLOT Nicole

      Bonjour,

      Merci pour votre message
      Effectivement, le délai viduité institué par la loi était de 300 jours.
      Alors il est vrai que ce délai a été légèrement écourté pour Mathurine qui avait cependant dépassé le stade des 9 mois, durée normale d’une grossesse, après le décès de son défunt mari.
      On peut penser aussi qu’elle aurait difficilement pu dissimuler l’état d’une grossesse très avancée lors de son passage devant Monsieur le Curé pour la préparation préalable au mariage.
      Dans une petite paroisse comme Saint Sulpice en Pareds, le Curé connaissait parfaitement ses ouailles et tout se savait.
      Il est improbable que la future mariée ait encouru le risque d’une dénonciation d’un parent ou d’un proche avec empêchement au mariage, si elle avait été enceinte de son défunt mari.
      Le Curé a fait preuve d’indulgence, à cette époque où le pouvoir royal n’était pas encore totalement installé en France.
      Peut-être sur la bonne foi de la future mariée ou bien encore en raison du contexte familial ou local .Le défunt a été enterré le 12 avril 1670, on ne connait pas la date exacte de sa mort (probablement la veille ou le jour même) ni dans quelles circonstances. Peut-être était-il déjà malade et dans l’impossibilité de procréer ?
      Beaucoup de peut-être qui se rajoutent à notre histoire et en amplifie le mystère !

      Depuis 2004, la loi sur le délai de viduité concernant les veuves et les femmes divorcées a été abrogée. Il est vrai qu’il existe aujourd’hui des moyens scientifiques de révéler une grossesse dès son commencement.

      Cordialement,
      Nicole GRAILLOT

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